COLOMBIER -SAUGNIEU
Le village de Colombier-Saugnieu était le témoin du crash du B26 MARAUDER N°32
Le 1er janvier 1942, le détachement permanent des forces aériennes au Tchad (DPFAT) et quelques éléments restants du groupe réservé de bombardement n°1 (GRB1) fusionnent à Fort-Lamy pour donner naissance au groupe de bombardement n°2 “BRETAGNE”, avec les escadrilles “Rennes” et “Nantes”. Il deviendra ensuite le GB II/20 “BRETAGNE”, lors de la création de « l’Armée française de la Libération » le 1er août 1943, suite à la réunification entre les FFL gaullistes et l’armée d’Afrique, commandée par le général Giraud, consécutive au débarquement en novembre 1942 des forces alliées en Afrique du Nord.
SOIXANTIÈME ANNIVERSAIRE DE L'ACCIDENT DE COLOMBIER-SAUGNIEU
Ci-dessus et ci-dessous : MonsieurHenri Bourrasier (à gauche et à droite sur ces deux photos), accompagné d’anciens combattants, de représentants des différentes organisations présentes, et de deux officiers du Groupe Bretagne actuellement basé à Istres. SOIXANTIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ACCIDENT DE COLOMBIER-SAUGNIEU Par le colonel Henri Bourrassier Photo : Collection Henri Bourrassier
Récits de Monsieur Henri BOURRASSIER, copilote du B26 ayant décollé de Lyon-Bron, nous raconte le crash de son avion dont il fut victime à Colombier-Saugnieu.
Le 26 février 1945 : une importante mission sur l’Allemagne est confiée au Groupe de bombardement » Bretagne « . Briefing, identification de ‘objectif.
lTous les renseignements sur le tracé de la route, axe de bombardement, nombre de tubes de FLAK, photos, les ordres étant donnés, nous voici sur la ligne de vol. Notre avion, le B-26, » Marauder » N° 32, est chargé de 2 tonnes de bombes.
L’équipages : s/It Pierre HENTGES, pilote , sergent BOURRASSIER, copilote ; s/lt DRAVERT, mécanicien ; s/It PERNOT navigateur ; sergent VEZAN, mitrailleur de tourelle ; sergent MOULARD, radio.
L’équipage embarque et, à son poste, chacun procède à ses vérifications d’usage ; « check-list » pour les pilotes, tout est en ordre.
Une vingtaine de , » Marauder » réchauffe leurs moteurs. Il fait froid et les mécanos au sol, enveloppés dans leurs » moumoutes « , s’assurent avant que nous ne quittions le parking, que tout tourne rond.
Puis, c’est l’heure » H « . Le pilote » leader » annonce, » roulage » par radio et selon un ordre bien établi – la position en vol de groupe – chaque avion prend sa place. Arrive notre tour…
Alignement, une vision globale du tableau de bord en balayage, tout va bien. Devant nous, l’avion précédent est sur le point de décoller. 52 pouces de pression d’admission, et c’est parti. Décollage, le train est rentré et, aussitôt, des » plouf » de plus en plus forts se produisent sur le moteur droit, de telle sorte qu’il fait un sixième de tour sur son berceau à chaque fois que des flammes s’échappent en retour par les prises d’air du capotage. C’est impressionnant, 2 000 CV en colère. Nous vidons les extincteurs, sans succès. Et pas question de larguer les bombes, car l’ouverture des trappes nous ferait perdre 10 nœuds dont nous avons bien besoin.
À l’altitude à laquelle nous sommes, il n’est pas question de la moindre évolution. Le s/lt HENTGES contrôle parfaitement l’avion, mais il est juste temps quand se présente devant nous un champ tout proche d’un village, avec son clocher qu’il faut à tout prix éviter. » On se crashe! » Combien de temps sommes-nous restés prisonniers dans cet amas de tôles? Seuls les témoins de ce moment funeste pourraient le dire. Nous
sommes tous assommés, blessés et, malheureusement, DRAVERT et MOULARD sont morts. J’ai la tête nue, car ma casquette de laine US a disparu. J’ai le visage ensanglanté et je sens du chaud qui coule dans mon cou et le dos. Passant ma main dans les cheveux, je constate une grande fente en V dans le cuir chevelu. J’ai aussi différentes blessures sur le corps.
Je secoue HENTGES et lui crie : » Dépêche-toi, l’avion brûle ! « . Je m’aperçois alors qu’il a le pied gauche bloqué dans le palonnier. La trappe d’évacuation au-dessus de nos têtes – deux panneaux à ouverture latérale est bloquée et son ouverture est impossible. Je peux vous dire que se battre pour sauver sa vie, ça compte !
Alors que les cartouches des mitrailleuses commencent à exploser et que l’incendie prend de plus en plus d’ampleur, je cherche une issue autour de moi. Le nez de l’avion en plexiglas (l’emplacement du bombardier) est en partie cassé. Juste le passage d’un homme! À ce moment, je m’aperçois que je n’ai plus de chaussure au pied droit… Une bombe s’est détachée de la soute, est passée sous mon siège et s’est arrêtée dans le couloir du bombardier. Avant de m’engouffrer dans l’étroit passage, je m’assure que HENTGES s’est libéré de son piège et qu’il est prêt à me suivre.
Me retrouvant à l’extérieur, bien que déchiré de toute part, je me sens heureux que nous en ayons réchappé. Soudain, j’aperçois une dame qui garde ses chèvres et je lui crie : » N’approchez pas, les bombes vont sauter ! « . Au même moment, je vois VEZAN s’échapper à l’arrière par le sabord en se tenant le bras. Je me dirige alors vers un petit muret en pierres sèches, puis plus rien, je suis tombé dans le coma.
Je reprends connaissance chez le boucher du village, allongé sur une table. Des gens, autour de moi, s’efforcent de me donner les premiers soins. Je m’enquiers alors de mes camarades et de l’avion. Il a déjà explosé et je n’ai rien entendu.
Après vingt jours d’hôpital et de convalescence, je retrouve mes camarades de combat qui m’ont préparé une petite fête. Et les missions reprennent, nombreuses. Mais la météo s’est améliorée depuis février et nous sentons que la fin approche.
CÉRÉMONIE DU SAMEDI 5 AVRIL 2025
Commémoration des 80 ans du crash du B26 MARAUDER N° 32 à Colombier-Saugnieu
Le samedi 5 avril 2025, la commune de Colombier-Saugnieu a tenu une cérémonie empreinte de gravité et de respect pour commémorer le 80ème anniversaire du tragique crash du B26 MARAUDER N° 32. Cet événement, qui remonte au 28 février 1945, a coûté la vie à deux courageux membres de l’équipage : le sous-lieutenant Dravert et le sergent Moulard, en mission de bombardement sur l’Allemagne.
L’organisation de cette commémoration a été réalisée en étroite collaboration avec l’ANSORAAE, l’ANORAAE et les Vieilles Tiges, témoignant de l’importance accordée à la mémoire des héros disparus. La cérémonie a vu la participation d’un piquet d’honneur de la BA942, dirigé par le lieutenant-colonel Marc MXXXXXXL, qui représentait le commandant de base.
Les participants étaient nombreux, comprenant des membres des forces armées, des familles de vétérans ainsi que des habitants de la région. Chacun a pu ressentir l’émotion palpable, marquée par le souvenir des sacrifices consentis durant la Deuxième Guerre mondiale. Un moment particulièrement touchant a été celui où le maire a adressé un hommage poignant aux descendants de Monsieur Bourrassier, ainsi qu’à la seule témoin du crash, qui, à l’époque, gardait des chèvres à proximité du lieu tragique.
La cérémonie s’est ensuite poursuivie à la salle de la DAUPHINOISE, rassemblant encore davantage de participants. La présence d’un représentant du département du Rhône, ainsi que celle des présidents de diverses associations d’anciens combattants, a renforcé le caractère solennel de cet hommage.
En outre, l’événement a été agrémenté par la participation d’une association de véhicules militaires de l’époque, permettant ainsi aux visiteurs de découvrir une part intégrante de l’histoire. Un groupe folklorique a également animé la journée en chantant des chansons d’époque, plongeant ainsi tous les présents dans une ambiance nostalgique et émotive.
Cette commémoration a constitué un moment de recueillement et de mémoire, rappelant à tous l’importance de ne jamais oublier ceux qui ont payé de leur vie pour défendre la liberté et la paix. Les souvenirs et les histoires continuent de vivre, portés par les nouvelles générations qui se sont réunies pour honorer ces valeureux héros.
Christian CASON


































CEREMONIE DU SAMEDI 6 AVRIL 2024
La cérémonie du samedi 6 avril 2024 en présence de la municipalité et de son 2ème adjoint Mr Arcangelo CARBONE représentant Mr MARMONIER Maire de la commune et de Mr MARCHAND conseiller délégué à la communication , du président des Anciens Combattants de Colombier Saugnieu Mr Gérard GADOUD, du LCL Nicolas FERNANDEZ représentant le commandant de la BA942 de Lyon Mont Verdun, du Capitaine DEVORNIQUE président du secteur 640 de l’ANORAAE du Major Ignace DI FILIPPO président du groupement de l’ANSORAAE et de la Section ANSORAAE Rhône-Loire/Drôme-Ardèche Métropole de Lyon, des présidents d’associations patriotiques, des habitants de Colombier Saugnieu et des porte-drapeaux de différentes associations
CÉRÉMONIE DU 1ER AVRIL 2023
Tous les ans à cette époque la section Rhône-Loire Métropole de Lyon participe à la cérémonie en mémoire des aviateurs tombés le 28 février 1945 près du village de Colombier-Saugnieu.
Cette année c’est le 1er avril 2023 que l’ANSORAAE de la section Rhône-Loire et son président Christian Cason participaient à cette commémoration avec l’ANORAAE secteur 640 et son président Alain Devornique en présence du président du groupement Rhône-Alpes Ignace Di Filippo.18 drapeaux accompagnaient la municipalité de Colombier-Saugnieu avec les associations d’anciens combattants pour cette cérémonie. Tous les ans le récit du crash du co-pilote narré par le Sergent Henri Bourassier ancien membre de l’ANSORAAE est lu par le président de la section Rhône-Loire. C’est le 28 février 1945 que le pilote et le co-pilote du B26 Marauder N° 32 décidaient de crasher leur avion rempli de 2 tonnes de bombes dans ce champ pour éviter le village de Saugnieu. Ce sont les habitants qui porteront secours à l’équipage ou deux aviateurs y laissèrent leurs vies : le sous-lieutenant Alexandre Dravert et le sergent Louis Moulard, respectivement mécanicien et radio.
À la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, les villageois de Saugnieu décidèrent d’ériger cette stèle pour figer éternellement ce lieu de mémoire.




