MARCOLS LES EAUX

80 ans après le crash, Marcols-les-Eaux honore encore le sacrifice des aviateurs

article Laure FUMAS (DL)

Un Halifax avec huit personnes à bord s'écrase dans la nuit du 3 au 4 novembre 1943

Photo Famille Croze

80 ans apès le crash, Marcols-les-Eaux honore encore le sacrifice des aviateurs

Samedi 4 novembre, près de 200 personnes étaient réunies pour commémorer le 80 ème anniversaire du crash d’un avion militaire anglais à Marcols-les-Eaux. La mémoire des aviateurs qui ont péri dans l’accident est toujours honorée dans le village.

Ils venaient d’Angleterre. Certains y étaient nés, d’autres étaient Français, Canadien, Américain et même Australien. Un petit village ardéchois est devenu leur dernière demeure. Marcols-les-Eaux leur offre l’éternité depuis 80 ans.
Samedi 4 novembre, près de 200 personnes ont commémoré le crash d’un Halifax qui a marqué à jamais l’histoire du village. Dans la nuit du 3 au 4 novembre 1943, cet avion militaire qui devait ravitailler la Résistance drômoise à Allex s’écrase en Ardèche.
À son bord, huit soldats. Sept périssent. « Ils ont sacrifié leur vie pour la liberté », a lâché François Blache, maire de la commune. Les petits de l’école de la Gluyère et des membres du conseil municipal des jeunes de Saint-Pierreville ont récité le poème Liberté de Paul Éluard. « Nous n’oublions pas ce passé, cette histoire qui nous est chère », a prévenu Camille Chanal, présidente du comité local du Souvenir français.
Si le 8e soldat, John Brough, a survécu au crash, il fallait encore ne pas tomber entre les griffes de l’occupant nazi. «  Les familles Croze et Chanal lui sont venues en aide », a raconté Claude Malleval, président de la section atterrissage parachutage d’Allex, Ambonil, Livron. « Marie Giraud l’a hébergé, elle qui cachait déjà des juifs », a raconté Isabelle Fehrenbach, petite nièce de Mademoiselle Giraud. « En février 1944 par Radio Londres, elle a entendu le message codé qui lui indiquait que John Brough était arrivé sain et sauf : le café de France est bon. »
Elle a terminé son discours par une phrase de Marie Giraud qui sera aussi la première femme maire de l’Ardèche : « On ne fait pas toujours ce que l’on veut mais ce que l’on doit. »
« Notre gratitude la plus profonde »
Un courage salué par le colonel Matthew Wight-Boycott, de la Royal Air Force, dans un discours en français. « J’ai sur mon bureau deux pièces du bombardier. Je me souviens de cette histoire tragique et héroïque et je me souviens des habitants de Marcols. »
Evelyn Le Chêne, représentante du musée du renseignement du Royaume-Uni aussi. « C’est une communauté entière qui est devenue résistante pour sauver un survivant du crash et vous avez aussi enterré les soldats morts parmi les vôtres. Nous vous exprimons notre gratitude la plus profonde », a-t-elle fait savoir.
Seul le soldat américain ne repose pas à Marcols. « Vous pouvez être fiers de ceux qui vous ont précédé sur cette terre », a lancé Hervé Saulignac, député de la circonscription. « Nous rendons un hommage appuyé à ces soldats. La vie dont ils ont fait don a contribué à rétablir l’étendard de la liberté », a reconnu Isabelle Arrighi, secrétaire générale de la préfecture.
C’est une grande fierté d’honorer le courage et la bravoure de ces hommes et de ces femmes. Qu’aurions-nous fait à leur place
 ?
Fran
çois Blache, maire de Marcols-les-Eaux

 

Crédit Photographique : Christian FARRUGGIO